Vivre la Vie soutient les clowns relationnels qui visitent les malades dans les services d’oncologie et de soins palliatifs de l’hôpital de Niort depuis 2014. Cette année encore 4000 € leur seront reversés afin de pérenniser cette action qui est aussi très attendue par le personnel des services qui soignent les malades du cancer.
Retrouvez ci-dessous le témoignage de la journée des clowns Lila et Samana.
Nous arrivons vers 13h30 dans le service. Une personne vient de décéder, l’équipe est donc très occupée. Dans le bureau d’Anne, nous commençons à nous préparer puis Delphine, la cadre du service, vient nous présenter les personnes prioritaires
pour un soin relationnel. Nous terminons ensuite notre préparation corporelle : revenir à une écoute fine, de soi et des autres. Temps d’habillage, de maquillage et nous laissons petit à petit monter l’état pétillant de clown relationnel, une écoute avec
tous les sens en éveil, un état d’émerveillement à chaque instant… C’est ainsi que Samana et Lila se retrouvent dans le couloir du service d’oncologie vers 14h45.
pour un soin relationnel. Nous terminons ensuite notre préparation corporelle : revenir à une écoute fine, de soi et des autres. Temps d’habillage, de maquillage et nous laissons petit à petit monter l’état pétillant de clown relationnel, une écoute avec
tous les sens en éveil, un état d’émerveillement à chaque instant… C’est ainsi que Samana et Lila se retrouvent dans le couloir du service d’oncologie vers 14h45.
Monsieur B Alain : « Ras le bol » (Samana)
Monsieur B est atteint d’un cancer ORL. Il a l’œil paralysé, parle peu ,l’équipe soignante le trouve sur la défensive.
Il est en situation palliative. Son alimentation passe par une sonde. Il est assez inconfortable et angoissé. Cela fait un mois qu’il est dans le service. Il a une compagne, avec qui il ne partage pas le même logement, qui vient le voit tous les jours. Nous frappons à la porte et nous sommes invités à entrer. Nous sommes accueillies par Mr B et une femme, ils sont tous les deux assis face à face dans des fauteuils à côté de la fenêtre.
Monsieur B est atteint d’un cancer ORL. Il a l’œil paralysé, parle peu ,l’équipe soignante le trouve sur la défensive.
Il est en situation palliative. Son alimentation passe par une sonde. Il est assez inconfortable et angoissé. Cela fait un mois qu’il est dans le service. Il a une compagne, avec qui il ne partage pas le même logement, qui vient le voit tous les jours. Nous frappons à la porte et nous sommes invités à entrer. Nous sommes accueillies par Mr B et une femme, ils sont tous les deux assis face à face dans des fauteuils à côté de la fenêtre.
Alain et Valérie sont habillés de noir de la tête aux pieds.
Sur le t-shirt d’Alain une boule, terre dans l’univers est représentée.
Je lui demande ce que ça représente.
Alain fait signe de la tête à Valérie qui répond pour lui :
« C’est une boule en bois »
« Ah » S’exclame Lila « Je ne savais pas que ça existait »
La boule en bois pour Valérie et Alain c’est l’histoire de leur rencontre.
Valérie pratique depuis toute petite, Alain un peu moins et il y a six ans entre eux deux ça a été la bonne équipe.
Alain est agacé, il n’arrive pas à bien parler, mais Valérie semble tout comprendre et traduit pour « Chouchou »
Nous lui demandons depuis combien de temps il est ici. Et Valérie raconte.
« En fait depuis septembre, puis en octobre il a attrapé le covid suite à cela il est resté dans le coma pendant trois mois » elle respire « j’ai failli le perdre, je lui parlais tous les jours et il réagissait c’est une infirmière qui m’a dit que sur la machine ça se
voyait »
Nous regardons Alain qui fronce les sourcils.
À notre tour nous reprenons son expression, genoux qui lâchent, épaules qui tombent, mine déconfite et un : « Ras le bol » sort de notre bouche. Alain sourit et lève les yeux vers le ciel pour confirmer.
Puis il regarde l’heure et en informe Valérie.
Elle doit partir au boulot, elle travaille auprès d’enfants dans l’école D’Aragon à Sainte Pezenne.
« Alain est votre gardien du temps » annonce Lila.
C’est l’heure pour nous de les laisser, Alain nous fait un signe d’au revoir de la main et nous fait comprendre qu’il souhaite rester en intimité avec Valérie pour lui dire au revoir.
Nous sortons de la chambre.
Peu de temps après nous les croisons dans le couloir, Alain dans le fauteuil roulant raccompagne Valérie.
Lorsque nous toquons une première fois à la porte de Monsieur C, une jeune femme avec un enfant dans les bras sort de la chambre d’à côté en disant : « tu vois, je te l’avais dit qu’il y avait des clowns ».
C’est Arthur, 2 ans, avec sa maman, il est bouche ouverte devant nous, curieux et impressionné. Sa maman chantonne la « chanson des clowns », nous la reprenons avec elle… Arthur semble très intrigué par nos maquillages, il ne dit rien et s’accroche à sa maman. C’est la première fois qu’il voit des clowns. Nous lui disons au revoir et nous éloignons.
Lorsque nous revenons dans le couloir, Arthur est cette fois avec son papa et sa maman ! Dans les bras de son papa qui nous dit qu’il ne parle que de nous depuis tout à l’heure. Alors nous nous accroupissons et sortons les bulles pour tenter « d’apprivoiser » ce petit garçon… Les bulles l’émerveillent, il accepte de lâcher les bras de son papa pour les regarder de plus près, les toucher. Un sourire se dessine sur son visage, ses parents semblent aussi apprécier « cette bulle » de respiration en dehors de la chambre. Samana sort ses stickers cœur au même moment où je sors ceux papillons ! Arthur est d’accord pour en avoir deux ! Il souhaite que nous les collions sur sa chaussure, tout fier ! Une aide-soignante me demande un papillon, Arthur est surpris qu’une adulte aussi en colle un sur sa chaussure, en plus il brille ! Il commence à être plus à l’aise avec nous et nous dit même quelques mots : bleu, rouge, là.
C’est le moment pour la famille de regagner la chambre : Samana dit à Arthur : « si ton papi veut aussi un autocollant, c’est possible ! Arthur sourit, nous lui disons au revoir ainsi qu’à ses parents qui, eux, nous remercient.
Nous tentons une nouvelle fois de rencontrer Monsieur C. Monsieur C Laurent, « ça va y aller » (Lila)
Monsieur C souffre d’un cancer de la vessie avec une atteinte osseuse. Il pourrait gagner en autonomie maintenant qu’il a moins mal mais il reste très en demande que l’équipe fasse pour lui. La relation avec l’équipe n’est pas simple.
Nous toquons à la porte, un oui nous invite à entrer. Monsieur C est allongé sur son lit, en caleçon, fenêtre ouverte. Nous nous présentons et il accepte de passer un moment avec nous. Il se redresse et s’accroche d’une main à la potence.
A la Télé, une émission avec d’énormes engins de chantier est en cours. Sa façon d’intéragir est très « franche », il se présente de manière « dynamique », nous nous mettons sur ce même mode. Quand je lui demande comment il se sent, sa réponse est : « tout va bien ».
Je suis étonnée de cette réponse et lui en fais part. Alors Laurent accepte de se raconter un peu plus en commençant par « ça va le faire ! ». Il est là depuis un mois et demi. Il est arrivé aux urgences pour un mal de dos, et suite aux examens ils l’ont
gardé et opéré immédiatement ! Et depuis il est ici, il a perdu 16kg.
« c’est plus le même bonhomme » lui dit Samana qui se mélange dans les prénoms et l’appelle Alain. Laurent se marre de cette confusion qui va perdurer toute la rencontre !
Alors je lui demande si Alain ne serait pas son deuxième prénom…Raté, c’est Gilles !
Et son troisième ? Il n’en a pas !
L’objectif de Laurent est de se remuscler pour aller ensuite en maison de repos. Il marche tous les jours, nous dit-il, en déambulateur.
Et puis, il a aussi besoin de récupérer ! Parce que c’est costaud ce qu’il vit depuis son arrivée !
Il a toujours été très actif, il était agriculteur au départ puis il en a eu marre, il est devenu chauffeur routier céréalier.
Alors là, ça lui change ! Il peut pas sortir, pas bouger !
Je lui parle d’Alexandre le Bienheureux, le film, dans lequel le personnage décide de ne plus sortir de son lit et se fabrique toutes sortes d’objets pour pouvoir tout faire depuis son lit ! (en ayant en tête ce que Delphine nous a dit par rapport à ses
demandes vis à vis de l’équipe). Mais non, Laurent ne se sent pas concerné, « ça va y aller, je travaille ma patience et bientôt je serai sorti ! »
Samana lui demande : « Alain, est ce que vous avez de la visite ? »
Laurent, avec un sourire lui répond : « Alain, non, il a pas de visite ! » « Laurent, oui ! » Sa famille et ses copains viennent le voir.
La machine de la chimiothérapie bip, une infirmière vient pour vérifier et continuer le protocole, nous sentons que c’est le moment pour nous de saluer Laurent. Il confirme, il souhaite se reposer.
Sur le t-shirt d’Alain une boule, terre dans l’univers est représentée.
Je lui demande ce que ça représente.
Alain fait signe de la tête à Valérie qui répond pour lui :
« C’est une boule en bois »
« Ah » S’exclame Lila « Je ne savais pas que ça existait »
La boule en bois pour Valérie et Alain c’est l’histoire de leur rencontre.
Valérie pratique depuis toute petite, Alain un peu moins et il y a six ans entre eux deux ça a été la bonne équipe.
Alain est agacé, il n’arrive pas à bien parler, mais Valérie semble tout comprendre et traduit pour « Chouchou »
Nous lui demandons depuis combien de temps il est ici. Et Valérie raconte.
« En fait depuis septembre, puis en octobre il a attrapé le covid suite à cela il est resté dans le coma pendant trois mois » elle respire « j’ai failli le perdre, je lui parlais tous les jours et il réagissait c’est une infirmière qui m’a dit que sur la machine ça se
voyait »
Nous regardons Alain qui fronce les sourcils.
À notre tour nous reprenons son expression, genoux qui lâchent, épaules qui tombent, mine déconfite et un : « Ras le bol » sort de notre bouche. Alain sourit et lève les yeux vers le ciel pour confirmer.
Puis il regarde l’heure et en informe Valérie.
Elle doit partir au boulot, elle travaille auprès d’enfants dans l’école D’Aragon à Sainte Pezenne.
« Alain est votre gardien du temps » annonce Lila.
C’est l’heure pour nous de les laisser, Alain nous fait un signe d’au revoir de la main et nous fait comprendre qu’il souhaite rester en intimité avec Valérie pour lui dire au revoir.
Nous sortons de la chambre.
Peu de temps après nous les croisons dans le couloir, Alain dans le fauteuil roulant raccompagne Valérie.
Lorsque nous toquons une première fois à la porte de Monsieur C, une jeune femme avec un enfant dans les bras sort de la chambre d’à côté en disant : « tu vois, je te l’avais dit qu’il y avait des clowns ».
C’est Arthur, 2 ans, avec sa maman, il est bouche ouverte devant nous, curieux et impressionné. Sa maman chantonne la « chanson des clowns », nous la reprenons avec elle… Arthur semble très intrigué par nos maquillages, il ne dit rien et s’accroche à sa maman. C’est la première fois qu’il voit des clowns. Nous lui disons au revoir et nous éloignons.
Lorsque nous revenons dans le couloir, Arthur est cette fois avec son papa et sa maman ! Dans les bras de son papa qui nous dit qu’il ne parle que de nous depuis tout à l’heure. Alors nous nous accroupissons et sortons les bulles pour tenter « d’apprivoiser » ce petit garçon… Les bulles l’émerveillent, il accepte de lâcher les bras de son papa pour les regarder de plus près, les toucher. Un sourire se dessine sur son visage, ses parents semblent aussi apprécier « cette bulle » de respiration en dehors de la chambre. Samana sort ses stickers cœur au même moment où je sors ceux papillons ! Arthur est d’accord pour en avoir deux ! Il souhaite que nous les collions sur sa chaussure, tout fier ! Une aide-soignante me demande un papillon, Arthur est surpris qu’une adulte aussi en colle un sur sa chaussure, en plus il brille ! Il commence à être plus à l’aise avec nous et nous dit même quelques mots : bleu, rouge, là.
C’est le moment pour la famille de regagner la chambre : Samana dit à Arthur : « si ton papi veut aussi un autocollant, c’est possible ! Arthur sourit, nous lui disons au revoir ainsi qu’à ses parents qui, eux, nous remercient.
Nous tentons une nouvelle fois de rencontrer Monsieur C. Monsieur C Laurent, « ça va y aller » (Lila)
Monsieur C souffre d’un cancer de la vessie avec une atteinte osseuse. Il pourrait gagner en autonomie maintenant qu’il a moins mal mais il reste très en demande que l’équipe fasse pour lui. La relation avec l’équipe n’est pas simple.
Nous toquons à la porte, un oui nous invite à entrer. Monsieur C est allongé sur son lit, en caleçon, fenêtre ouverte. Nous nous présentons et il accepte de passer un moment avec nous. Il se redresse et s’accroche d’une main à la potence.
A la Télé, une émission avec d’énormes engins de chantier est en cours. Sa façon d’intéragir est très « franche », il se présente de manière « dynamique », nous nous mettons sur ce même mode. Quand je lui demande comment il se sent, sa réponse est : « tout va bien ».
Je suis étonnée de cette réponse et lui en fais part. Alors Laurent accepte de se raconter un peu plus en commençant par « ça va le faire ! ». Il est là depuis un mois et demi. Il est arrivé aux urgences pour un mal de dos, et suite aux examens ils l’ont
gardé et opéré immédiatement ! Et depuis il est ici, il a perdu 16kg.
« c’est plus le même bonhomme » lui dit Samana qui se mélange dans les prénoms et l’appelle Alain. Laurent se marre de cette confusion qui va perdurer toute la rencontre !
Alors je lui demande si Alain ne serait pas son deuxième prénom…Raté, c’est Gilles !
Et son troisième ? Il n’en a pas !
L’objectif de Laurent est de se remuscler pour aller ensuite en maison de repos. Il marche tous les jours, nous dit-il, en déambulateur.
Et puis, il a aussi besoin de récupérer ! Parce que c’est costaud ce qu’il vit depuis son arrivée !
Il a toujours été très actif, il était agriculteur au départ puis il en a eu marre, il est devenu chauffeur routier céréalier.
Alors là, ça lui change ! Il peut pas sortir, pas bouger !
Je lui parle d’Alexandre le Bienheureux, le film, dans lequel le personnage décide de ne plus sortir de son lit et se fabrique toutes sortes d’objets pour pouvoir tout faire depuis son lit ! (en ayant en tête ce que Delphine nous a dit par rapport à ses
demandes vis à vis de l’équipe). Mais non, Laurent ne se sent pas concerné, « ça va y aller, je travaille ma patience et bientôt je serai sorti ! »
Samana lui demande : « Alain, est ce que vous avez de la visite ? »
Laurent, avec un sourire lui répond : « Alain, non, il a pas de visite ! » « Laurent, oui ! » Sa famille et ses copains viennent le voir.
La machine de la chimiothérapie bip, une infirmière vient pour vérifier et continuer le protocole, nous sentons que c’est le moment pour nous de saluer Laurent. Il confirme, il souhaite se reposer.
Monsieur R Franck, 71ans : «Transmission » (Samana)
Mr R. est arrivé en fin de matinée pour des douleurs, il est jaune et est atteint d’un cancer du canal cholédoque, il a été rapatrié du Gabon, arrivé à Paris puis à Niort car son ex-femme et sa fille habitent la ville. Il était parti pour des affaires. Il est incohérent dans ses propos.
Nous frappons à la porte, une belle voix claire exprime un oui, nous entrons. Mr R est allongé dans son lit et à sa tête nous comprenons que nous l’avons réveillé, nous nous présentons et nous excusons.
« Ce n’est pas grave » nous dit-il
Nous lui demandons quand est-il arrivé.
« Ce matin, de Paris »
Nous ne comprenons pas pourquoi il est là.
Mr R va nous expliquer qu’il arrive du Gabon et que son ex-femme et sa fille sont sur Niort. Qu’il a un petit souci de santé qu’ils vont soigner ici en France, car au Gabon y a des hôpitaux avec du matériel mais pas suffisamment de personnels formés.
Ils vont opérer mon hernie et me faire de la chimio. Là j’ai des cachets pour la diarrhée. Mr R est tout sourire, on dirait un prince Saoudien, il a le teint bronzé et très jaune et la blancheur de ses dents en ressort encore mieux.
Nous remarquons qu’il a l’air de connaître beaucoup de chose sur le Gabon.
« Mais c’est où ? » demande timidement Lila
Mr R me regarde et dit : « Elle va te répondre »
J’écarquille les yeux, regarde Mr R et Lila :
« Ben oui ! Quelque part en Afrique »
Mr R rit de notre ignorance.
Je sors alors les Poscas, dessine la carte de l’Afrique sur la vitre et comme un professeur Mr R nous enseigne la géographie.
D’un point rouge je situe le Gabon et dessine à côté une maison.
Car Mr R y habite depuis 50 ans.
Il continue son enseignement :
« à l’ouest on parle Aousa et à l’est c’est le Swaéli, puis il y a aussi les vents qui sont différents selon l’hémisphère sud ou nord. »
« Aujourd’hui » dit-il avec un grand et large sourire qui donne toutes ses dents, « c’est moi qui vous enseigne ! »
Nous sentons un autre vent, celui de la fatigue. Nous le remercions pour cet échange et cet enseignement.
Nous sortons de la chambre.
Nous tentons d’aller voir Me C. Elle dort.
Madame G veut rester seule ainsi que Mr A.
Nous retournons dans le bureau, nous prenons le temps de quitter le nez, le costume. Puis nous partageons entre nous nos impressions sur cette après-midi avant de les transmettre brièvement à l’équipe.
Nous revenons le mardi 20 mai dans le service.
Mr R. est arrivé en fin de matinée pour des douleurs, il est jaune et est atteint d’un cancer du canal cholédoque, il a été rapatrié du Gabon, arrivé à Paris puis à Niort car son ex-femme et sa fille habitent la ville. Il était parti pour des affaires. Il est incohérent dans ses propos.
Nous frappons à la porte, une belle voix claire exprime un oui, nous entrons. Mr R est allongé dans son lit et à sa tête nous comprenons que nous l’avons réveillé, nous nous présentons et nous excusons.
« Ce n’est pas grave » nous dit-il
Nous lui demandons quand est-il arrivé.
« Ce matin, de Paris »
Nous ne comprenons pas pourquoi il est là.
Mr R va nous expliquer qu’il arrive du Gabon et que son ex-femme et sa fille sont sur Niort. Qu’il a un petit souci de santé qu’ils vont soigner ici en France, car au Gabon y a des hôpitaux avec du matériel mais pas suffisamment de personnels formés.
Ils vont opérer mon hernie et me faire de la chimio. Là j’ai des cachets pour la diarrhée. Mr R est tout sourire, on dirait un prince Saoudien, il a le teint bronzé et très jaune et la blancheur de ses dents en ressort encore mieux.
Nous remarquons qu’il a l’air de connaître beaucoup de chose sur le Gabon.
« Mais c’est où ? » demande timidement Lila
Mr R me regarde et dit : « Elle va te répondre »
J’écarquille les yeux, regarde Mr R et Lila :
« Ben oui ! Quelque part en Afrique »
Mr R rit de notre ignorance.
Je sors alors les Poscas, dessine la carte de l’Afrique sur la vitre et comme un professeur Mr R nous enseigne la géographie.
D’un point rouge je situe le Gabon et dessine à côté une maison.
Car Mr R y habite depuis 50 ans.
Il continue son enseignement :
« à l’ouest on parle Aousa et à l’est c’est le Swaéli, puis il y a aussi les vents qui sont différents selon l’hémisphère sud ou nord. »
« Aujourd’hui » dit-il avec un grand et large sourire qui donne toutes ses dents, « c’est moi qui vous enseigne ! »
Nous sentons un autre vent, celui de la fatigue. Nous le remercions pour cet échange et cet enseignement.
Nous sortons de la chambre.
Nous tentons d’aller voir Me C. Elle dort.
Madame G veut rester seule ainsi que Mr A.
Nous retournons dans le bureau, nous prenons le temps de quitter le nez, le costume. Puis nous partageons entre nous nos impressions sur cette après-midi avant de les transmettre brièvement à l’équipe.
Nous revenons le mardi 20 mai dans le service.